29 novembre 2009
Réveillez-vous !
Elle se retourna, plongeant ses yeux gris-bleus, profondément dans les miens, puis s’exclama ;
"Réveillez-vous ! Réveillez-vous ! Bientôt, la personne que vous croyez être mourra - alors réveillez-vous maintenant, et soyez heureux de savoir ceci :
« Il n’y a pas besoin de chercher. Votre quête ne mène à rien, alors soyez simplement heureux, maintenant ! L’Amour est la seule réalité du monde, parce qu’il est UN, voyez-vous. Les seules lois de ce monde sont le paradoxe, le changement et l’humour ! Il n’y a pas de problème. Il n’y en a jamais eu et il y a en aura jamais !
Cessez de résister, libérez-vous de votre ego, laissez passer vos soucis comme autant de courants d’air et déployez-vous dans ce monde, votre monde !
Faites simplement de votre mieux, ouvrez vos yeux et découvrez qui vous êtes vraiment. Vous êtes moi, vous êtes le monde, vous êtes ce que vous voyez vraiment ! Tout cela fait partie du terrain de jeu et les innombrables kamis du Japon jouent avec vous … Pour peu que vous les aimiez ! Pour peu que vous retrouviez votre humour. Ne vous inquiétez pas, soyez simplement présent, ici et maintenant …
Vous êtes déjà libre ! »
Elle ouvrit la porte et de ma vie je ne la revis. Mais de ce jour là mon existence fut profondément bouleversée. Comme quoi au pays du Soleil Levant, même une geisha pouvait indiquer la Voie !
28 novembre 2009
Kesa

« L’année touche à sa fin
Je porte toujours
Mon kesa et mes sandales de paille ».
Basshô
26 novembre 2009
26 novembre


22 novembre 2009
Le Secret de Nara (fin)

Le moine dit ;
- « Nara, tu n’as jamais suivi de maîtres, et pourtant je sens bien que ta connaissance est réelle et profonde. As-tu trouvé par toi-même une « doctrine », des idées bien à toi d’après lesquelles tu orientes ta vie ?
Si tu pouvais me parler de ces choses là, tu me réjouirais le cœur. »
- « J’ai eu des pensées … de fulgurantes intuitions, des évidences … Parfois pendant une seconde, pendant un jour, j’ai senti en moi les effets du savoir comme on sent la vie dans son propre cœur.
Mais ces pensées bào bào, il m’est difficile de les communiquer. »
Le moine dont les yeux pâles semblaient crépiter de lueurs dorées resta silencieux. Le vent s’était calmé et l’obscurité envahissait peu à peu le campement de fortune. Semblant regarder au-delà des choses visibles, Nara reprit :
- « Tiens, voilà une des pensées que j’ai trouvée : la sagesse ne peut se transmettre. La sagesse qu’un sage cherche à communiquer a toujours un air de folie ».

Le moine afficha un large sourire.
- « Je te dis ce que j’ai trouvé, le savoir peut se communiquer, pas la sagesse. On peut, comme toi la trouver, on peut en vivre, s’en faire une Voie, on peut, grâce à elle opérer des miracles … On peut la pointer du doigt. Mais la décrire ou l’enseigner, on ne peut.
C’est ce dont je me doutais déjà, enfant, lorsque mon grand père me faisait découvrir les montagnes du Sin Shan.
Voilà pourquoi je n’ai jamais cherché de maîtres. »
- « Je comprends … ».
- « Il y une chose aussi, qui te paraîtra certainement douce folie … Ecoute ; le contraire de toute vérité est aussi vérité ! Toute vérité est exprimée par des mots qui ne représentent qu’une infime partie, qu’une « vue » partielle de la Réalité qui est par nature non-discriminante … Le Parfait Eveillé parlant du monde était obligé de le diviser en Samsara et Nirvana, en erreurs et en vérités, en souffrance et en délivrance. Pour qui enseigne il n’y guère de possibilités que celui du langage duel. »
Le moine resta silencieux, rajouta quelques branches dans le feu et expira doucement, profondément … Sous le vaste ciel étoilé de la steppe, deux êtres communiaient de l’unité des choses quand le hurlement lointain d’un loup solitaire les ramena à se toucher à nouveau des yeux.

- « Mais ce pays, cet instant, toi bào bào, moi, le monde ne sont jamais entièrement Samsara ou complètement Nirvana … Nous sommes dupes, car nous croyons que le Temps existe. »
- « Comment cela » ?
- « Le temps qui s’écoule n’est pas un réalité, j’en ai fait maintes fois l’expérience. Et si le temps n’existe pas, l’espace qui nous sépare, l’espace entre la Vie et la Mort, entre le Bien et le Mal entre Samsara et Nirvana, entre Souffrance et Félicité, n’est qu’une illusion ».
- « Nara, le moine que je suis et la femme que tu es ne sont que « chercheurs » mais un jour viendra où nous serons Bouddha. Mais « un jour » est une illusion, je te l’accorde. Mais ne nous faut-il pas progresser ?».
Nara se rapprocha du moine, l’air devenait plus frais, il emplissait les poumons et procurait une joie intense, simple et merveilleuse.
- « Personne ne s’achemine vers l’état de Bouddha, mais notre esprit ne peut le concevoir autrement, le Bouddha à venir est maintenant, Nara prit la main du moine, il est depuis toujours déjà là, dans le chercheur qui doit le re-co-naître ici et maintenant, à chacune de ses respirations. »
- « Oui, le monde, Nara, est chose parfaite, à chaque instant, comment pourrait-il en être autrement ? Chaque faute, chaque erreur porte déjà en elle sa rédemption. Tous les enfants ont déjà le vieillard en eux, tous les nouveaux-nés, la mort et tous les mortels la vie éternelle … ».
- « Oui, bào bào, et personne, vraiment personne n’a le don de voir à quel degré son prochain est parvenu dans la reconnaissance du Bouddha en lui. Bouddha attend dans le bandit et dans Bouddha attend le bandit. »
Le feu rougeoyait encore et les deux êtres enveloppés dans l’épaisse couverture de laine ne faisaient plus qu’un. Un hurlement proche déchira le silence faisant tressaillir les petits chevaux mongols.

- « La méditation donne le moyen de tromper le temps, Nara. De voir comme simultané tout ce qui a été, tout ce qui est et tout ce qui sera. Voir que tout est parfait, tout est Bouddha. »
- « Bào bào, je vois la mort comme la vie, le pécheur comme le saint, le fou comme le sage et il doit en être ainsi de tout. Je n’ai qu’à y consentir, qu’à l’accepter d’un cœur aimant. J’ai appris à mes dépens qu’il me fallait pécher par luxure, par orgueil, par vanité, par stupidité, qu’il me fallait passer par le plus honteux des désespoirs pour réfréner mes passions et mes désirs, pour simplement aimer le monde. Ne pas le confondre avec le monde imaginé par le « je », le confondre avec une quelconque idée de perfection … J’ai appris à prendre le monde tel qu’il est, à en faire partie, voilà bào bào, quelques unes des pensées qui me sont venues.»

Le moine se baissa ramassa un morceau de bois le soupesa et dit d’un ton détaché ;
- « Voilà du bois, dans un temps plus ou moins éloigné il sera cendre et de cette cendre naîtra une plante, un animal ou un être humain. Autrefois, j’aurais simplement dit ceci ; ce morceau de bois n’est qu’un morceau de bois, une chose de rien appartenant au monde de Maya. Mais comme il est susceptible, dans la ronde des transmutations, de devenir aussi un être sensible, je veux bien en reconnaître la valeur. Telle eût été probablement ma pensée autrefois. Mais maintenant je dis, ce morceau de bois est un morceau de bois, il est aussi Dieu, il est aussi Bouddha. Je l’aime et le respecte, non pas parce qu’il peut devenir un jour, ceci ou cela, mais parce qu’il est déjà cela depuis longtemps, depuis toujours. »
- « Il existe du bois qui au toucher ressemble à de la soie de Chine, d’autres comme du sable et d’autres encore plus rugueux. Mais chacun a son caractère propre et prie à sa manière, chacun est Bouddha tout en étant aussi et au même niveau du bois avec ses particularités ; et c’est pour cela que j’y porte attention, puis regardant le feu, ce bois est merveilleux et digne de notre adoration. »
Nara laissa aller sa tête sur l’épaule du moine au crâne rasé, de sa longue chevelure noire remontait un parfum enivrant. Le silence était total, hommes et bêtes en communion parfaite avec l’immensité de la plaine. Tous deux savaient l’instant rare et précieux …
Se serrant davantage, Nara chuchota à l’oreille du moine :
- « La parole sert mal le sens mystérieux des choses, mais il en existe une que je ressens et que les mots ne sauraient trahir, c’est un secret et je te le confie :
Bi chamd khairtai … bào bào. »
http://abreuvdesdragons.canalblog.com/archives/2008/02/23/9830809.html
21 novembre 2009
Adversité
L'homme fort et entraîné ne craint pas l'adversité.
L'homme sage ne la rencontre pas.
Proverbe japonais
16 novembre 2009
Pandora Home


Ce n'est pas seulement la lumière
Qui tombe sur ce monde
Et se répand à l'intérieur de ton corps
Et déjà s'étouffe
Sous tant de clarté
Prenant congé de toi
Comme si tu étais en feu à l'intérieur
Pablo Neruda





09 novembre 2009
Tibetan buddhism
Le bonheur véritable ne dépend de rien,
Ni de personne
Même pas de nous !




08 novembre 2009
Sleeping sun
07 novembre 2009
Chaque pas doit être un but

04 novembre 2009
2012 : Fin d'un monde
Chouette plus que 3 ans à vivre ! Profitons, aimons-nous !!!
;o)







